Les royaumes de Givdalia
La Karmile
Les 1 326 000 km² de la Karmile abritent principalement des terres agricoles, faisant de ce royaume l’un des plus prolifiques d’Ismûr en matière de vivres. Malgré la grande production de matières premières, principalement alimentaires, le pays n’en reste point moins pauvre. La cause ne peut être reprochée entièrement à un unique roi. En effet, la déchéance de la Karmile a commencé dès la fin du Huitième Âge de cette Ère, avec les diverses guerres perdues d’avance dans lesquelles les souverains successifs s’étaient engagés par orgueil. Désireux de redorer leur blason terni par les défaites, chacun avait gaspillé nombre de ressources jusqu’à la ruine face à deux adversaires de taille : la Bordanile ainsi que l’Empire Nyxien. Pour le premier, il s’agissait de vieilles querelles dont la légitimité était morte avec leurs initiateurs. Pour le second, cela s’apparentait à un devoir défensif face à l’expansion des ambitions impériales. À noter que sans être aller jusqu’à la victoire, la ténacité des karmiliens a permis de contenir la menace.
Par la suite, dès le milieu du Onzième Âge, la Karmile a conclu des accords commerciaux avec sa rivale de toujours, la riche Bordanile. En échange de soldats et de main d’œuvre, le pays voisin fournit une dotation annuelle de 10 millions d’Iglirs et offre une protection pécuniaire en cas de conflit. L’accord inclus également une clause précisant qu’aux deux cours respectives ne peuvent être engagés que des artistes natifs du pays allié. Précision souvent méconnue du grand public.
Pour en revenir à l’exploitation agricole, elle produit assez pour nourrir les quelques 28 millions d’habitant en cet An 9 800, cependant, les accords obligent une exportation importante afin de renflouer les caisses, les taxes ne suffisant guère.
La capitale, Témistane, se situe au cœur du territoire, enfoncée dans les abords de la forêt de Vrocnocase, sur sa partie ouest. Autour, il n’y a que plaines et champs à perte de vue. Quelques hameaux jonchent l’horizon.
Le territoire est délimité au septentrion par la forêt de Vrocnocase et l’océan, à l’occident par le fleuve Rius et le lac Datrius, au midi oriental par les Monts oubliés et à l’orient par la Mer Echina.
En l’An 9 800 du Onzième Âge de la IIIe Ère, la Karmile génère annuellement 921 millions d’Iglirs pour ses 28 millions d’habitants recensés.
À noter que, contre toute attente, les natifs ne s’appellent point les « karmiens », mais bien les « karmiliens », l’un de leur roi ayant trouvé plus harmonieuse cette excentricité.
Extrait des Encyclopédies Archiléennes, Livre V, Royaumes et politique, Partie IX